Rio, Rio, Rio,… On en entend beaucoup parler, mais savez-vous qu’y faire une fois sur place ? Si vous êtes comme moi, vous finirez vite par vous rendre compte que la réponse est simple : non. À part le Christ et le Pain de Sucre, dont je vous ai parlé dans mon article sur les vues de Rio et dont la renommée dépasse les frontières et les océans, j’ai l’impression qu’au final, on connait trop peu de choses de la ville. Ou peut-être que je ne parle que pour moi.

Quoiqu’il en soit, avant d’y aller, j’avais pris soin de faire une liste des choses à y faire, que j’avais galvaudées ici et là sur internet. Et pour la compléter, nous avons également eu la chance de profiter des conseils d’une amie de mon copain, qui y vit.

Alors, que faire à Rio ? En plus du Christ et du Pain de Sucre, voici tout ce que je peux vous conseiller.

Passer une soirée dans l’ambiance des bars de Lapa

C’est à peu près la première chose que nous avons faite à notre arrivée à Rio. Je ne suis pas une grande sorteuse mais une soirée brésilienne ne se refuse pas, surtout lorsqu’elle a lieu à Lapa ! Et j’avais bien raison d’envoyer ma fatigue balader au lieu de rester au lit, parce que ça a été l’un de mes gros coups de cœur de mon séjour à Rio.

C’est l’amie de mon copain, chez qui nous logions le premier soir, qui nous a emmenés dans les soirées de Lapa. Selon elle, beaucoup de Brésiliens les fuient en disant que l’on n’y trouve que des expat’ et des touristes. Si c’est le cas, je ne peux vous dire qu’une chose : peu importe qui on y trouve, ils ont tort de fuir le lieu.

Commencez votre soirée sous les Arcos de Lapa, où vous trouverez une foule de fêtards et de nombreux petits stands qui vendent de la nourriture et des caipirinhas pour deux sous. Suivez les bars ou la foule et enfoncez-vous ensuite dans la rue, bercés par la musique qui sort de partout.

Pour moi, c’est là que la magie opère. Lapa, ce sont des bars remplis à foison et des dizaines de personnes dans les rues. Mais surtout, c’est une musique qui nous emporte où que l’on soit, le tout dans un décor de maisons anciennes à l’architecture coloniale.

Si je devais me faire une image du Rio authentique, ce serait Lapa.

 

 

Nous, nous avons passé notre soirée dans l’Avenida Mem de Sá et avons atterri dans le Café Sacrilegio, où un groupe brésilien donnait un concert en live. Si vous voulez plus de recommandations sur les lieux, allez jeter un œil à cet article, de Brasil Agora.

Notez que le quartier a longtemps été très mal famé et garde encore cette réputation. Le soir, restez dans la foule et ne vous aventurez pas dans les rues vides de monde. Cela vaut pour Rio en général, mais peut-être encore plus pour des quartiers comme Lapa.

Admirer les vieilles maisons coloniales à Lapa et Santa Teresa

Une fois le jour levé, retournez de ce côté de la ville pour profiter de ses jolis bâtiments à la lumière du jour. En tant que grande amoureuse de l’architecture du passé, ces quartiers sont sans aucun doute parmi mes préférés à Rio !

À Lapa, je l’ai dit, vous pourrez admirer une architecture coloniale des siècles passés. Vous ne manquerez pas aussi les Arcos de Lapa, cet ancien aqueduc qui s’élève au-dessus du quartier.

Pour une vue en hauteur sur la ville, vous pourrez d’ailleurs prendre le vieux tram appelé « Bonde Elétrico ». Encore utilisé par les locaux, il passe sur l’aqueduc et promet une expérience assez impressionnante, surtout si comme moi vous avez tendance à avoir le vertige ! Le tram n’a pas de portes, juste une planche de bois qui fait office de barrière rudimentaire et que l’on lève à la main pour monter dans le tram ou en sortir.

Quant aux Arcos, ils semblent être juste assez larges pour le laisser passer. Vous pouvez me croire, car j’ai pu évaluer la situation en détail : sur le trajet du retour, un problème moteur l’a forcé à s’arrêter sur l’aqueduc pendant quelques minutes. Comme vous pouvez l’imaginer, j’étais évidemment super à l’aise !

Après ces fameux Arcos à la vue plongeante, le tram s’enfonce dans les petites rues de Santa Teresa, et vous permet même d’admirer certaines œuvres de street art en chemin.

   

Le quartier de Santa Teresa se trouve en hauteur par rapport à Lapa et a une histoire plutôt haute en couleurs. Il a d’abord accueilli les riches classes de Rio au 19ème siècle, qui y ont bâti de grandes et belles demeures. Plusieurs décennies plus tard, cependant, il a été déserté par les riches suite à l’expansion des favelas voisines, qui ont commencé à empiéter sur son terrain. Le quartier s’est alors tourné en un lieu malfamé, jusqu’à ce que des artistes en tous genres décident de s’y installer dans les années 60 et 70.

Aujourd’hui, Santa Teresa est un endroit très agréable. Ses vieilles maisons sont colorées, des fresques sont venues se poser sur certains de ses murs et l’on y trouve plusieurs bars et magasins aussi charmants qu’accueillants.

Nous n’y sommes restés que très peu de temps, mais j’ai adoré !

 

Gravir les marches de l’Escadaria Selarón

Tant que vous êtes dans les environs, ne manquez pas l’escalier Selarón, qui se trouve à Lapa et est devenu sans le vouloir l’un des endroits les plus connus de la ville auprès des touristes.

Il porte le nom de son artiste, un expatrié chilien qui l’a construit petit à petit et sans prétention. Il vivait dans la rue et voulait donner un peu de couleurs aux escaliers gris qu’il devait prendre tous les jours pour arriver au pas de sa porte. Il a donc décidé d’y cimenter d’innombrables carreaux de faïence.

Depuis la pose du premier carré coloré dans les années 80, il y a travaillé tous les jours, ajoutant quelques carreaux chaque jour jusqu’à former cet escalier aux couleurs du Brésil que l’on connait aujourd’hui. Au fil des ans, son travail est devenu de plus en plus connu autour du monde et de nombreux touristes lui ont apporté leurs propres carreaux.

C’est comme ça que l’on trouve de nombreux carreaux improbables sur les marches, mais ce ne sont pas les seuls qui retiennent l’attention. Vous y verrez aussi plusieurs versions d’une femme enceinte. Œuvre de Selarón lui-même, c’est une femme qu’il a peinte à de nombreuses reprises tout au long de sa vie.

Selarón avait dit qu’il décorerait son escalier jusqu’à la fin de ses jours. Il a été retrouvé mort mystérieusement sur ses marches en 2013. Aujourd’hui, le béton est encore visible à certains endroits, mais l’œuvre reste stupéfiante. D’autant plus quand on sait qu’elle n’est que d’un seul homme.

 

Les nombreux touristes que ces escaliers colorés attirent se contentent souvent de ne gravir qu’une vingtaine de marches au maximum. Pour en profiter pleinement et prendre des photos sans la foule, je ne peux que vous conseiller d’aller jusqu’en haut. Vous passerez devant la maison de Jorge Selarón et pourrez admirer le drapeau brésilien qu’il a créé en haut des marches, mais aussi la deuxième volée de marches dont l’on ne soupçonne pas l’existence en l’admirant d’en bas.

Se balader pieds nus sur le sable de Copacabana et Ipanema

Les plages de Copacabana et d’Ipanema sont tellement connues autour du monde qu’il serait bête d’aller à Rio sans aller les voir de nos propres yeux. Je ne vous dirai pas que ce sont les deux plages les plus belles du monde, car ce n’est pas le cas. Je pense même qu’on s’en fait une image bien plus belle dans notre imagination que ce qu’elles sont en réalité. Mais quoiqu’il en soit, je considère qu’un voyage à Rio ne peut se faire sans un passage par là-bas !

Ipanema est ma préférée. Son nom est moins connu que l’indétrônable Copacabana, et pourtant elle est peut-être la plus emblématique des deux, bordée par son grand rocher que j’ai l’impression d’avoir tellement vu en photo. Sur le bord de la plage, vous trouverez aussi de nombreux vendeurs ambulants.

Copacabana, elle, m’a parue plus imposante – mais peut-être était-ce seulement le poids de son nom. Vous y trouverez plusieurs petits bars, ainsi qu’une foule de touristes et de Brésiliens les week-ends.

Si vous la longez, allez jusqu’au Fort de Copacabana. C’est une ancienne base militaire qui accueille le musée de l’histoire de l’armée, et de laquelle on peut profiter d’une très jolie vue sur la plage et l’horizon.

S’époustoufler devant le coucher de soleil depuis la Pedra de Arpoador

Si vous décidez de vous prélasser une après-midi sur la plage d’Ipanema, ne partez pas avant que le soleil se couche. En effet, je ne peux que vous conseiller d’y admirer le coucher de soleil.

Pour cela, rendez-vous sur la Pedra de Arpoador, qui se situe à l’une des extrémités de la plage. C’est un endroit très apprécié pour la vue qu’il offre lorsque le soleil se couche. Avant le coucher de soleil, vous y trouverez de nombreuses personnes installées sur le sol inégal de ce gros rocher en attendant le spectacle, ainsi que plusieurs vendeurs ambulants qui en profiteront pour vous rafraichir ou combler vos fringales.

Le coucher de soleil est sublime et la Pedra de Arpoador en elle-même est un endroit plutôt agréable.

 

Se balader dans le quartier du centre

Ce quartier, qui porte tout simplement le nom de Centro, compte quelques-uns des bâtiments historiques de la ville, cachés parmi les immeubles plus récents. Vous pourrez notamment y admirer le théâtre municipal et l’église de Candelária. À l’entrée du port, qui fait aussi partie du quartier, on peut également apercevoir quelques vieilles maisons qui résistent toujours au temps qui passe (et aux nouveaux bâtiments qui s’entassent).

Centro est aussi considéré comme le quartier d’affaires de la ville, car il abrite de nombreux bureaux.

 

Visiter le Museu do Amanhã

Je ne suis généralement pas très musée, je préfère largement passer du temps à me perdre dans les rues d’une ville… Mais le Museu do Amanhã m’a époustouflée, alors il fallait que je le note !

En français, son nom signifie « Musée de demain ». Inauguré en décembre 2015, il est tout récent et vous ne pouvez pas le louper : c’est un grand bâtiment blanc à l’architecture futuriste (what else, vous me direz, pour un musée au nom porté vers le futur).

La structure est tellement photogénique que je n’ai pas pu m’empêcher de prendre un tas de photos. Mais l’intérieur est peut-être encore plus incroyable.

Son concept, d’abord, a de quoi faire parler de lui : il s’intéresse à notre planète Terre de sa création à aujourd’hui, mais aussi aux différentes cultures d’aujourd’hui et, surtout, aux problèmes de demain, comme l’environnement par exemple.

Et le mieux dans tout ça, c’est qu’il fait preuve d’une énorme recherche pour rendre le musée aussi intéressant (et surprenant) que possible. On se retrouve face à de magnifiques images, de grandes remises en question, et plein d’autres choses qui nous en mettent plein la vue.

Bref, un beau musée où emmener vos enfants (ou n’importe qui d’autre) pour leur en apprendre plus sur notre monde et les sensibiliser aux problématiques de demain.

Se sentir tout petit face à la fresque de Kobra sur le Boulevard Olímpico

Après votre visite du musée, ne manquez pas la fresque de Kobra, créée spécialement pour les JO de Rio (et dont vient la première photo de cet article). Elle se trouve sur le Boulevard Olímpico, vous devrez marcher plusieurs centaines de mètres pour y arriver mais vous pourrez admirer quelques œuvres de street art en chemin, et puis la promenade en vaut la chandelle.

Eduardo Kobra, c’est un artiste brésilien de São Paulo. Il a peint de nombreuses fresques dans sa ville natale et dans le monde, et vous le connaissez certainement sans le savoir car c’est l’auteur de la célèbre fresque près de la High Line à New York.

Baptisée « Etnias » (ou ethnicité, en français), sa fresque dont je vous parle maintenant montre 5 visages qui renvoient aux 5 continents du monde – et aux 5 anneaux des JO. Par ces visages, qui représentent chacun celui d’une tribu indigène de chaque continent, Kobra voulait faire passer un message de tolérance.

L’œuvre est aussi grande que puissante : elle fait environ 190 mètres de long sur 5 mètres de haut. C’est la plus grande fresque de street art au monde. Autant dire que face à elle, on se sent incroyablement petits. Pour vous le prouver, cherchez-moi sur la 2ème photo.

Avant les JO, le boulevard Olímpico était une zone plutôt malfamée de la ville. Aujourd’hui, c’est peut-être l’une des zones les plus sûres !

Bien que la fresque de Kobra soit l’œuvre la plus imposante, comme je vous l’ai dit, ce n’est pas la seule que l’on peut admirer sur le boulevard. En voici d’autres…

Déguster un brigadeiro à la Confeitaria Colombo

Pour une petite gourmandise ou pour un vrai repas, passez par la Confeitaria Colombo. Ce café-restaurant, qui se trouve aussi dans le quartier du centre, a été construit à la fin du 19ème siècle par des Portugais, et l’intérieur est juste magnifique. Hauts plafonds, grands miroirs, détails un peu partout et toit en vitraux : on se croirait projetés dans un salon de thé luxueux des siècles passés.

L’établissement propose une carte plutôt bien fournie. Si vous voulez y aller pour manger sucré, vous aurez le choix entre plusieurs gâteaux très appétissants. Mais si vous voulez une confiserie typiquement brésilienne, je ne peux que vous recommander le brigadeiro. C’est un mélange de leite condensado et de chocolat que, personnellement, j’adore. Apparemment certains le trouvent trop sucré, donc préparez-vous mentalement si vous êtes plutôt du genre salé, mais honnêtement je pense que c’est l’une des spécialités brésiliennes que vous vous devez de goûter.

Apparemment, à l’étage, on peut aussi profiter d’une superbe vue sur la ville et la plage de Copacabana. Je ne le savais pas à l’heure de passer le pas de la porte donc je ne peux pas vous en dire plus, mais n’hésitez pas à aller y jeter un œil !

Se perdre dans le Jardim botânico

Vous vous en doutez : au Brésil et en Amérique latine en général, on est loin de trouver la même végétation que dans notre chère Europe.

Profitez donc de l’occasion pour aller vous perdre dans le Jardin Botanique de Rio, et prendre un bon bol d’air loin de l’agitation de la ville par la même occasion.

J’ai eu la chance de le visiter avec le père de mon copain, qui en connait un rayon sur les différentes plantes que l’on trouve sur les terres brésiliennes. Mais même si vous ne connaissez pas grand-chose, vous pouvez toujours vous perdre dans ses allées. Et si vous levez les yeux assez haut, vous apercevrez aussi le Christ à l’horizon, entre deux feuilles de palmier.

  

Evidemment, il y a sûrement un tas d’autres choses à faire à Rio. Cet article ne reprend que ce que nous avons fait et, le temps nous étant compté, nous n’avons pas pu faire tout ce que j’avais sur ma liste. Un endroit qui me tenait à cœur mais que je n’ai pas pu voir, c’est le Parque Lage. J’en ai vu beaucoup de belles photos, donc j’en profite pour vous le conseiller aussi.

Enfin, je me dois de vous prévenir : Rio est une ville dangereuse. Restez donc toujours sur vos gardes, même dans les quartiers touristiques. J’écrirai bientôt un article sur la sécurité au Brésil, mais en attendant, si vous avez des doutes quant au comportement à adopter dans certaines parties de la ville ou sur les endroits où vous pouvez aller et ceux à éviter, n’hésitez pas à demander conseil aux locaux. Je pense notamment au personnel des hôtels, aux taximen et aux policiers qui parcourent les rues. Ils seront toujours heureux de vous aider.

Et vous, vous avez déjà été à Rio ? N’hésitez pas à me dire ce que je dois rajouter sur ma liste pour la prochaine fois que j’y mettrai les pieds !

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