Il y a des villes sur lesquelles on parle beaucoup et d’autres qui restent timidement absentes de toutes les conversations. Dresden se range dans la deuxième catégorie.

J’avoue, j’aurais pu utiliser cette phrase d’introduction pour beaucoup de mes articles passés et à venir parce que je passe mon temps à aller dans des villes dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, ou bien tellement timidement que je les avais déjà oubliées. Mais Dresden (ou Dresde, en français) est différente. Elle fait partie de ces villes qu’on aurait pu oublier, rasées par le poids du passé, mais qui, calmement, ont décidé que ça ne serait pas le cas.

Parce qu’une chose est sûre sur Dresden, c’est qu’elle a connu la guerre. Elle a plié sous son poids et puis elle s’est relevée, comme tellement de gens l’ont fait et doivent encore le faire.

Bombardée à outrance pendant la Seconde Guerre mondiale, Dresden en est sortie dévastée. La plupart des bâtiments de son centre historique n’étaient plus qu’un amont de ruines, des restes de murs entourés par les pierres tombées sous les bombes et des bâtiments incendiés. Il a fallu des années pour reconstruire certains d’entre eux, d’abord laissés tels quels pendant plusieurs décennies, tels une trace des horreurs de la guerre. Et puis, comme pour dire stop à la peine, ils ont été reconstruits et se sont relevés pour regagner leur splendeur d’avant.

J’ai lu que l’un des plus grands symboles de cette renaissance est la Frauenkirche, l’église Notre-Dame de Dresde, qui arbore un mur mélangeant harmonieusement des briques claires à d’autres plus foncées. Ça m’avait étonnée au premier regard, j’avais trouvé ça joli mais je n’en ai compris la raison qu’après : détruite par un incendie qui s’est allumé suite aux bombardements, elle a été reconstruite en respectant scrupuleusement son architecture originale et en réutilisant les pierres originales, qui gisaient sur le sol en attendant que des mains bienveillantes et attentives viennent les ramasser et trouver la place exacte d’où elles étaient tombées pour les y remettre. Aux briques et matériaux d’origine, noircis par leur histoire, ont été ajoutées des briques nouvelles quand les originales étaient introuvables ou irrécupérables. Et au final, ça donne ceci…

On trouve aussi beaucoup d’établissements culturels et de musées à Dresden et l’histoire dit qu’ils ont encore leurs œuvres d’art parce que des amoureux de la culture avaient pris soin de les cacher dans les forêts avoisinantes avant les bombardements, afin qu’elles puissent résister à la guerre. Suite aux bombardements, on dit que plus de 20.000 personnes sont décédées en seulement quelques jours. Mais les efforts de sa population ont réussi à remettre la ville sur pied.

Je sais évidemment que Dresden n’est pas la seule ville qui a vécu et souffert la guerre. Mais en me renseignant sur elle, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas la présenter sans parler de son passé.

Aujourd’hui, Dresden est la capitale de la Saxe et la deuxième ville la plus peuplée de sa région après Leipzig. Et si nous y sommes allés, c’est parce que c’est aussi une des destinations les plus proches de Prague, bien qu’elle se trouve en Allemagne.

Nous y avons été un week-end d’octobre. Les dépenses de notre voyage à Venise nous faisaient nous sentir plus pauvres qu’avant mais on voulait quand même voyager alors on a décidé de se faire un petit voyage d’une journée. Un collègue m’avait vanté les mérites de Dresden après y avoir été sans grand espoir (voire même en pensant ne rien y trouver de beau) et il ne fallait que deux heures de bus pour y arriver, alors on a sauté dedans.

On a passé seulement quelques heures à se balader dans le centre de la ville, en prenant le temps de se cacher du froid devant un beau morceau de viande dans un restaurant typique, le Watzke, et en finissant la journée dans l’ambiance d’un bar irlandais avant que notre bus n’arrive.

Nous n’avons fait aucun musée et avons seulement parcouru les rues de la vieille ville, comme nous le faisons tout le temps. On a traversé le pont qui traverse l’Elbe et coupe la ville en deux, vu le cheval doré de Dresden trancher les nuages gris du ciel, admiré la longue fresque murale de la Procession des Princes, contemplé les lumières de la ville s’éclairer une à une à mesure que le soleil se couchait, et bien d’autres choses.

Ce jour-là, il ne faisait pas très beau et l’hiver prenait sérieusement ses quartiers, mais les arbres arboraient encore leurs feuilles jaunes d’automne et donnaient à la ville une très belle touche colorée.

    

Alors, Dresden, ça vous tente ?

 

2 commentaires sur Dresden après les ruines

  1. Canon ton article comme d’habitude ! Je ne me lasserais jamais de te lire 🙂 ta plume est magnifique et je ne peux pas m’empêcher de voir plusieurs sens dans l’histoire de cette ville :p

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