Début novembre, le constat est venu s’imposer devant moi sans que je le voie vraiment arriver : ça faisait déjà 10 mois que je vivais en République tchèque et je n’avais presque rien vu du pays. Si je ne me bougeais pas vite, j’allais finir l’année en n’ayant vu que Prague et Kutna Hora.

Ce n’est pas que je n’avais pas eu le temps de voyager, loin de là. Depuis le début de l’année, j’avais quitté Prague un grand nombre de fois. Mais quelque part entre mes voyages, j’avais oublié le pays qui m’accueille et duquel j’essayais (et essaie toujours) de m’envoler le plus souvent possible pour faire le plein de découvertes.

Alors, un peu dans la précipitation, j’ai esquissé un plan. Deux semaines plus tard, on avait un long week-end. Hors de question de rester à Prague pour l’occasion, mais hors de question de traverser les frontières pour autant. On irait découvrir le pays.

C’est comme ça que j’ai jeté mon dévolu sur Brno. Honnêtement, je ne sais toujours pas comment prononcer son nom sans m’étouffer à moitié, mais ce que vous devez retenir à son sujet c’est que c’est la seconde ville du pays.

Le plan, c’était de voir aussi deux autres villes, plus petites, qui se trouvent respectivement à une et deux heures en bus de Brno : Olomouc et Telč.

Enfin, ça c’était le plan. Mais les plans ne sont pas toujours faits pour se passer comme prévu, hein ?

J’avais énormément envie de m’offrir le luxe d’un bel hôtel depuis quelques mois, et à Brno les conditions étaient de mon côté : d’abord, Brno n’étant pas une ville très prisée par les voyageurs, les hôtels y sont moins chers que dans une grande partie des villes européennes que je visite. Ensuite, vu qu’on ne réservait qu’une semaine à l’avance, on pouvait bénéficier de très belles réductions last minute. Et si comme moi vous voulez vous payer le luxe d’un hôtel sans y mettre le prix, ce sont deux critères à absolument garder en tête.

C’est comme ça que, en regardant l’offre d’hôtels, je suis tombée en amour devant l’un d’entre eux qui n’était qu’à 80€ la nuit : le Barceló Brno Palace. Un hôtel 5 étoiles pour moins cher que notre chambre en auberge de jeunesse à Venise. Que dire de plus ?

Je l’ai vu au travail et, comment vous dire… J’ai passé la demi-heure suivante à expliquer à mes collègues à quel point l’hôtel était “AMAAAZING”.

Nous y avons passé trois nuits et, honnêtement, je ne comptais pas vous parler de l’hôtel dans cet article… Mais il faut dire qu’il a un peu volé la vedette à Brno. Non pas que la ville ne soit pas jolie, non, mais il a plu à peu près pendant toute la durée de notre séjour. Et que fait-on quand il pleut ? On se réfugie à l’intérieur. Or, à Brno, l’intérieur de notre hôtel était plus tentant que presque n’importe quel autre. Je vous en parle en fin d’article.

En plus de nous empêcher de voir Brno autant qu’on le voulait, la pluie a aussi changé nos plans. Devant une météo plus que capricieuse, nous avons annulé Telč. Et on a seulement quitté Brno le dernier jour pour nous rendre à Olomouc, dont je vous parlerai dans un prochain article.

Alors, Brno dans tout ça ?

Honnêtement, il faut que j’y retourne pour pouvoir la voir vraiment ! En plus de la pluie qui nous a rarement quitté (et j’ai ho-rreur de la pluie), nous y sommes allés juste avant le début des marchés de Noël. Et c’est comme ça que je me suis rendu compte d’une chose : mieux vaut éviter de visiter les villes qui accueillent des marchés de Noël juste avant qu’ils n’ouvrent leurs portes ! Les principales places de la ville étaient remplies de petits cabanons fermés. Quelques jours plus tard, l’ambiance de Noël allait envahir les rues et leur donner la petite touche de magie qu’elle emporte toujours avec elle. Mais là, quelques jours avant, c’était juste triste. Et, pire, ça rendait la prise de photos vraiment pas facile, et même plutôt frustrante.

Visiter Brno, c’était donc se faufiler entre les gouttes, les cabanons, et l’hiver qui emporte la lumière dès 16h. Ça ou dire que nous n’avons pas vu Brno autant que je l’aurais voulu, c’est pareil.

Brno partage une sorte de rivalité amicale (ou pas) avec Prague. Les gens de Brno disent que ceux de Prague sont froids et pas bien sympathiques. Il faut bien avouer que les capitales ne font pas toujours ressortir le meilleur d’entre nous… Mais les habitants de Prague renvoient l’attaque envers Brno. Nous, on a été étonnés par la gentillesse des gens de Brno, à laquelle on se confronte peu depuis qu’on vit à Prague. Ceci dit, les généralités sont faites pour être mises à mal, et les deux premières villes d’un pays sont faites pour être rivales, non ?

Les deux villes se ressemblent pourtant peut-être plus qu’elles ne voudraient le reconnaitre : Brno m’a fait penser à Prague, mais en plus petit. En beaucoup plus petit.

Elle n’est pas pour autant qu’une pâle imitation de la capitale.

Elle a, d’abord, sa grande cathédrale qui se détache de l’horizon, se dressant au milieu du centre historique et s’élevant vers le ciel comme pour protéger ce qui l’entoure. Cette même cathédrale que l’on a contournée, parfois timidement tellement son aura paraissait grande, en une fin d’après-midi d’hiver, alors que le soleil se couchait déjà.

Elle a, ensuite, un château qui en est vraiment un, pas comme celui de Prague qu’on ne reconnait pas. Il n’a rien d’exceptionnel, son architecture simple et sans faste le place bien loin des châteaux français, allemands et autrichiens que l’on connait. Mais ça reste un château, placé comme un prince au sommet de sa petite colline à l’orée du centre historique, entouré d’un parc que nous avons vu sous une pluie de plus en plus impertinente.

Entre les deux, pas de centre-ville qui nous fait remonter des siècles en arrière comme celui de Prague, ou peut-être un tout petit. Brno est plus moderne, bien que pas trop non plus. Quelques rues dans le centre, de grandes places aux bâtiments colorés et puis de jolis édifices que l’on croise alors qu’on pense que l’on s’est déjà trop éloignés de la beauté du centre : une église par-là, un opéra par-ci et, encore et toujours, la frustration grandissante de se voir ramener à l’intérieur par une pluie incessante ou un soleil couchant, et ne pas pouvoir se perdre dans la ville autant qu’on le voudrait.

Au final, j’ai appris une chose : Brno vaut bien qu’on y retourne une petite journée sous le soleil pour pouvoir profiter de tout son charme. Et, bien que ça soit la deuxième plus grande ville du pays, une journée sera suffisante pour en faire le tour.

En attendant, voici quelques photos pour essayer tant bien que mal de vous donner envie de la voir, en espérant que vous pourrez profiter d’une meilleure météo.

  

Comme je vous le disais en début d’article, la star de notre passage à Brno, c’était lui. Le Barceló se trouve non seulement au centre de la ville, à deux pas de la cathédrale et à quelques centaines de mètres du château, mais il se trouve aussi dans un bâtiment juste sublime. L’hôtel a ouvert il y a seulement quelques années mais l’édifice qui l’accueille a une plus longue histoire. Construit au 19ème siècle, c’était à la base un bâtiment résidentiel considéré par beaucoup comme l’un des plus luxueux de la ville avant que, pour une raison que j’ignore, il ne tombe dans l’oubli. La chaine Barceló l’a racheté et l’a longuement rénové avant de pouvoir y accueillir le public, en 2009.

L’atout principal du Barceló, selon moi, c’est ce qui nous frappe dès que l’on y met un pied : sa cour intérieure (recouverte d’un toit en verre) d’un beige éclatant. J’étais tombée amoureuse en la voyant en photos mais je n’ai pu m’empêcher de l’admirer en y entrant.

Et puis, outre l’ascenseur en verre qui donne une magnifique vue sur la cour intérieure, le buffet de petit-déjeuner délicieux et varié et la petite salle de sport avec sauna, il y a, surtout, les lits. Les coussins en nombre, la couverture toute douce et cette impression irrévocable de dormir dans un nuage.

Il n’y a rien à dire, je ne peux que vous le conseiller, si un jour l’envie vous prend de passer par Brno.

  

Et tant que j’y suis, à vous donner des conseils : ne manquez pas d’aller manger dans le restaurant Starobrno, qui se trouve là où l’on brasse la bière locale du même nom. Non seulement le cadre est superbe, mais aussi, au milieu de bouteilles et de cuves de bières, vous y mangerez des plats délicieux. Amoureux de la bière, c’est pour vous !

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