Samedi 30 juillet. Nous arrivons à Marseille dans une ambiance d’été pesante. C’est la dernière étape de notre voyage, nous reprenons l’avion le lendemain matin. La voiture est remplie de nos bagages et elle s’enfonce dans les petites rues chargées de Marseille. Poussière, sueur, agitation, désordre. Ce jour-là, c’est la première impression que Marseille me donne.

C’est la seconde fois que je vois la ville. Nous y avions déjà été il y a quelques années et je sais donc que Marseille ne se résume pas à ce désordre de rues, ces pots d’échappements, ces coups de klaxon et ces murs gris de pollution. C’est une certaine ambiance mais là j’ai besoin de calme, et je rassure mon copain en lui disant que Marseille, ce n’est pas que ça.

Nous y passons une journée en partie pour lui, parce qu’il avait émis l’envie de la voir. “Pourquoi Marseille ?”, on nous demande. Je ne sais pas, parce qu’il ne peut l’expliquer lui non plus. Il a envie, et puis c’est tout. Mais je comprends l’étonnement. Non pas que Marseille ne vaille pas le coup d’œil, loin de là, mais ce n’est généralement la première ville à laquelle un non-Européen comme mon copain pense généralement à l’heure de voyager en Europe.

Nous entrons dans la ville sous l’atmosphère de la menace d’attentats. Les militaires sont dans les rues mais je me refuse à avoir peur de vivre à cause d’une poignée de décérébrés et j’essaie d’en rire plus qu’autre chose.

Nous avons fait plusieurs heures de route, j’ai juste envie de déposer ma valise à l’hôtel, mettre de l’eau sur mon visage et partir découvrir la ville. Sauf que l’hôtel, il a décidé de jouer à cache-cache avec le GPS. Et ça fait pas plaisir à mon père, qui commence à perdre patience derrière le volant. On tourne une fois, deux fois, puis à la troisième fois ma mère descend et va voir à pied. Il s’avère que l’hôtel n’est pas accessible en voiture, il y a bien une route qui y mène mais elle est marquée piétonnière donc mon père n’avait pas osé s’y aventurer. Le réceptionniste nous invite à nous garer au début de la rue, où se trouve l’hôtel, le temps de déposer nos valises. Je lance à mon père un “j’te l’avais dit que tu devais t’en foutre du panneau” et je descend enfin de la voiture.

La rue est pleine de monde, un marché y a élu domicile pour la journée. Le contraste avec le calme de la campagne où nous venons de passer une semaine est saisissant, et il me faut un peu de temps pour me réhabituer à l’agitation de la ville.

On monte nos valises dans nos belles chambres de cet hôtel qui se trouve à dix pas du Vieux Port. Avec mon copain, on se dit tous les deux que c’est quand même bien de voyager avec ses parents, et on rêve en silence du moment où on aura assez d’argent pour ne plus trop faire attention aux prix des logements.

On n’a pas trop le temps de se reposer. Marseille est là, au bas de notre fenêtre, et nous n’avons qu’une journée pour y gambader. Et puis de toute façon, on a faim et rien à manger. On contourne le Vieux Port pour se poser sur une petite terrasse, à l’abri des pots d’échappement et de la foule. On mange tranquillement en regardant passer les passants qui profitent de l’été et les militaires qui font des rondes.

Mon père a envie d’aller voir Notre-Dame de la Garde d’un peu plus près, alors on y va. On monte à pied la colline sur laquelle elle est perchée. Les rues sont jolies, mais la montée sous la chaleur de ce début d’après-midi nous épuise et mon copain, reprenant son souffle, commence à se demander pourquoi il voulait venir à Marseille. Je rigole. Une fois en haut, la fraicheur de la Basilique et la vue incroyable sur la ville nous font vite oublier la fatigue de la montée. L’endroit est magnifique.

En redescendant vers le port, je prends le temps d’admirer les maisons qui s’enfilent. Elles sont belles. Elles sont au calme. Ca fait du bien.

Pour la deuxième partie de l’après-midi, nous nous dirigeons vers le quartier du Panier. Je ne connais pas tout Marseille mais ce quartier est déjà mon préféré. En se baladant dans les petites rues où tout le monde a l’air de connaitre tout le monde, on oublie même que l’on est à Marseille. On oublie les voitures qui se démènent près du port, on oublie tous les passants et on oublie les rues sales et pleines de monde. Ici, c’est comme si les horloges tournaient un peu moins vite.

Je prends le temps d’admirer les façades et les devantures de magasins, une glace à la main. On s’assied pour prendre un verre et on observe la vie du quartier se dérouler devant nos yeux. Ca fait plaisir.

   

D’une façon ou d’une autre, la fin de la journée commence malheureusement à se montrer. On rentre à l’hôtel pour prendre une douche bien méritée, et on en repart pour un dernier diner en terrasse dans le sud de la France. Le lendemain, je reprendrai l’avion pour Prague avec mon copain. Et mes parents remonteront vers le nord en voiture.

12 commentaires sur Une journée entre le calme et l’agitation de Marseille

  1. Oh la galère cette histoire de gps, j´adore le petit “je te l´avais dit” haha 🙂 Très sympa cette ville on dirais, j´ai jamais eu la chance de la visiter! Bisous ma belle

    • Ahaha ça fait toujours du bien de sortir un petit “j’te l’avais dit” de temps en temps hein 😀 ! Je l’ai visitée deux fois mais c’était chaque fois en un jour malheureusement, je pense qu’on pourrait y rester plus longtemps pour en profiter plus, notamment pour aller faire un tour du côté des calanques :). Bisous !

        • Non, le sud de mes rêves c’est l’Espagne :). Mais je pense que je pourrais me faire au Sud de la France aussi (je ne sais pas quelle région par contre), avec son soleil et sa nourriture !

  2. Magnifique balade dans Marseille ! J’ai un coup de coeur pour tes photos de la Bonne Mère (j’adoooore cette église) et des ruelles, tu as bien rendu l’ambiance de la capitale du sud !

  3. La prochaine fois, faudra visiter le quartier d’Endoume ! C’est un peu comme le Panier mais ouvert sur la mer. Hyper authentique.

    • Merci beaucoup pour ton conseil Leslie ! Je le garderai à l’esprit pour la prochaine fois que j’irai à Marseille, ça a effectivement l’air d’être un très chouette quartier :).

    • Malheureusement les médias s’amusent souvent à créer des histoires à partir d’un vague reflet de la réalité, et à colporter ce qui a déjà été dit par un concurrent sans se dire qu’il vaudrait mieux vérifier les dires avant… J’ai étudié le journalisme et j’ai été dégoutée du milieu après un de mes stages pendant lequel j’ai vu nombre de journalistes faire beaucoup de choses qu’on nous apprenait à ne pas faire en cours. C’est triste, et j’espère souvent que les futures générations de journalistes seront plus éduquées. Si non, c’est à nous de nous éduquer de toute façon, et d’apprendre à toujours garder un oeil critique par rapport à ce que les journalises disent :).

    • Et merci à toi pour ton commentaire 🙂 ! Je suis ravie d’avoir pu te faire découvrir une petite partie de Marseille grâce à mon article :). Bisous !

Laisser un commentaire