Ces trois mois ont été évidemment marqués par notre voyage au Brésil, mais aussi par une poignée un peu trop grande d’au revoir à des amis qui quittaient Prague l’un après l’autre.

Je vous l’avais déjà dit, la vie d’expats est sans cesse faite d’au revoir et de nouvelles rencontres. Surtout à Prague où les expats ne restent généralement que quelques temps avant de s’envoler vers d’autres destinations, ou de rentrer chez eux. Et surtout ces trois derniers mois.

En mars… Et bien en mars, pas grand-chose à signaler.

En mars, je n’avais aucun voyage à l’horizon, à cause des caisses qu’il fallait renflouer un peu, et j’avais déjà du mal à tenir en place. Je voulais voyager, voyager, voyager.

Au lieu de ça, j’ai fait quelques balades à Prague, me rappelant à quel point c’est bien de vivre dans une belle ville quand on a des envies d’ailleurs – je peux la visiter et me sentir presque comme une touriste, dès que je le veux.

Et puis, en mars, à en croire les photos de mon téléphone, j’ai pas mal mangé. Une francesinha dans un bar portugais, une margarita aux allures de granita dans un bar mexicain, deux parts de cake dans un bar à gâteaux et des tortiletes brésiliennes faites maison par mon super copain. En mangeant on voyage déjà un peu, non ?

Ce mois-là, on a d’ailleurs accueilli plusieurs amis brésiliens à lui, et j’ai passé plusieurs soirées à les écouter parler de toute la nourriture que j’allais devoir essayer au Brésil. Vous auriez dû les voir, tous assis en face de moi dans un bar enfumé, une pinte de bière à la main et le sourire au visage. Ils avaient quitté leur Brésil depuis seulement quelques semaines pour voyager en Europe et ils parlaient avec enthousiasme de cette nourriture qui leur manquait déjà beaucoup. C’est comme ça que, à coup de “aaaaahhh!!” et de “yes that stuff is delicious!”, la liste des choses que je devais essayer s’est allongée considérablement (et elle était déjà longue !).

Autant vous dire qu’en mars, j’avais souvent l’eau à la bouche !

Heureusement, entre mes séances gourmandes et mes séances de sport, le mois a petit à petit touché à sa fin, réduisant le compteur des nuits qu’il restait à dormir avant notre grand voyage tant attendu.En avril, j’ai continué à compter les jours, entre quelques petits événements excitants par-ci par-là. Le premier apéro de l’année sur notre terrasse ensoleillée par-ci. Le Prague Candy Festival par-là, où j’étais comme une enfant devant toutes les pâtisseries qui m’étaient proposées. Et, au fil des petits moments, les journées ont enfin laissé place aux préparatifs avant le Brésil.

Le 11 avril, nous nous envolions pour la Belgique. Nous y avons passé une semaine avec ma famille et en avons profité pour visiter Liège, que je voulais voir depuis longtemps, avant de prendre l’avion vers São Paulo.

Le 20 avril, après 11 heures de vol, La La Land dans l’avion, quelques heures de sommeil sur l’épaule de mon copain et un ciel rose et mauve magnifique depuis le hublot de l’avion (que j’étais visiblement la seule à admirer, allez savoir !), nous avons atterri au Brésil.

Pour la première fois de ma vie, j’ai posé le pied sur l’Amérique latine. Et alors que mon copain s’émerveillait de pouvoir enfin parler sa langue à tout le monde, j’allais vite me rendre compte que c’est à peu près la seule langue que beaucoup parlent ici.

Mais, surtout, c’était le début d’une nouvelle aventure pour moi, et j’étais impatiente de voir tout ce qui m’attendait.

Pendant nos 5 semaines au Brésil, nous n’avons jamais pris de congés et nous travaillions donc tous les matins, commençant entre 4 et 6h du matin et finissant généralement en début d’après-midi, pour respecter les horaires européens tout en profitant de quelques heures de libre sous le soleil. Ça nous a incroyablement fatigués et ça nous a empêchés de nous balader dans les villes autant qu’on l’aurait voulu, mais on a essayé de tirer profit au maximum du temps qu’on avait sur place.

Les 5 premiers jours, nous sommes donc restés à São Paulo. Mon séjour au Brésil commençait en grande pompe, jetée dans le désordre de cette ville immense. Les frères de mon copain y vivant, ils nous rejoignaient parfois pour des visites dans la ville, jusqu’à quelques fois prendre le rôle de guide touristique, pour mon plus grand bonheur.

Là, j’y ai notamment apprécié le street art et je me suis accoutumée à la certaine anarchie architecturale. J’ai aussi assisté à une représentation orchestrale dans un théâtre au style bien européen, et je me suis extasiée devant la végétation dans la ville. Au final, nous avons déjà pu pas mal aborder le centre-ville, bien qu’il reste encore tellement de choses à y voir.

Nous avons ensuite fini le mois d’avril à Brasília, où nous avons passé 5 autres jours chez la grand-mère de mon copain. Là, en plus de prendre la voiture un peu chaque jour pour aller voir la ville, nous avons profité de chouettes moments avec sa famille.

L’un des temps forts du séjour dans la capitale brésilienne était peut-être ce qui devait être la chose la plus terrible et ennuyante qui soit, à en croire la tante de mon copain et sa belle-fille : une “soirée dansante pour vieux”, nous disait cette dernière – “mais genre très très vieux”, rajoutait la première, avant de préciser “bien plus vieux que moi !”. Poussée par la curiosité et l’envie de m’imbiber toujours un peu plus de la culture brésilienne, nous y avons été, invités par l’un des oncles de mon copain. Au final, j’ai passé une soirée le sourire aux lèvres en regardant ces “vieux” (et des moins vieux) danser des danses de salon, et en essayant tant bien que mal de copier leurs pas.Nous avons commencé le mois de mai sous le soleil de Rio. Ici, pas de famille qui nous attendait. Nous avons passé la première nuit chez une amie de mon copain, après avoir été vivre l’ambiance des soirées de Rio dans des petits bars avec de la musique live. Les parents de mon copain nous ont rejoint le jour d’après, et nous avons passé 5 jours bien trop courts (surtout quand ce sont des moitiés de journées) dans une ville au paysage magnifique qui en demandait plus.

Le premier vendredi du mois, nous avons quitté Rio dès le matin pour la ville de Juiz de Fora où nous avions un mariage. En chemin, nous nous sommes arrêtés à Petrópolis, une petite ville adorable dressée entre des montagnes recouvertes de végétation. En fin d’après-midi, nous sommes arrivés sous des trombes de pluie et avec une heure de retard (parce que les Brésiliens ont trop souvent beaucoup de mal avec la notion de gestion du temps). J’avais rendez-vous pour la première manucure-pédicure de ma vie.

Le mariage avait lieu le jour suivant. Une après-midi passée chez le coiffeur-maquilleur avec la mariée, une heure à l’église à sourire sans rien comprendre et une soirée passée à danser sur des musiques que je ne connaissais pas. C’était une expérience formidable, à propos de laquelle je vous ferai sûrement un article. Mes amis en Belgique ne se marient pas, mais je ne peux pas trop me plaindre parce qu’à la place j’ai la chance d’assister à des mariages époustouflants dans d’autres cultures !

Le jour d’après a débuté avec la course des mariés pour ne pas manquer le bus qui les amèneraient vers l’aéroport pour leur lune de miel (la gestion du temps…!) et s’est écoulée aussi lentement que rapidement.

C’était une journée de repos avant de reprendre l’avion, le lendemain, pour la ville de mon copain : Maceió.

Nous y avons passé les trois dernières semaines, dont la dernière fut extrêmement pluvieuse. J’ai découvert avec plaisir l’endroit où mon copain a grandi et je me suis souvent extasiée devant la couleur de la mer, et sa température.

Nos trois semaines là-bas ont été plus calmes. Nous avons passé quelques après-midis sur plusieurs plages différentes et de nombreuses soirées dans des bars, entourés de ses amis. Il m’a montré un peu la ville, devant mon insistance, et nous avons été visité quelques petits musées avec des guides adorables. J’ai continué à manger beaucoup et j’ai même eu le plaisir d’être invitée à l’anniversaire de l’un de ses petits cousins, qui s’est fêté en grande pompe : une décoration incroyable aux couleurs du Barça, des petits gâteaux à gogo, toute la famille présente et des dizaines d’enfants qui couraient partout, un trampoline et une machine à barbe à papa, une piscine à boules et plein de cadeaux pour les invités… Autant vous dire que je ne savais plus où regarder !

Bien plus vite que ce que je pensais, nous avons dû reprendre l’avion pour São Paulo, pour ensuite voler vers Madrid, Bruxelles et, enfin, Prague. Quatre vols étalés sur quatre jours.

Le Brésil, en résumé, c’était 36 jours sur place, 6 villes complètement différentes l’une de l’autre, 4 vols nationaux, 2 anniversaires et 1 mariage.

Du Brésil, je retiendrai surtout l’accueil incroyablement chaleureux que j’ai reçu, cette famille adorable qui m’accueillait déjà à bras ouverts avant même que je ne les connaisse, et plein de nouveaux amis qui allaient tous faire de leur mieux pour que l’on se comprenne, donnant lieu à des discussions mêlant portugais, espagnol, anglais et gestes en tous genres. Je retiendrai aussi les nouvelles saveurs que j’y ai découvertes, la chaleur de la mer et le désordre des villes. Je garderai en mémoire les rues bordées de palmiers ou de petites cahutes où l’on peut acheter de la nourriture, et les maisons et bars colorés que je trouvais si jolis, mais aussi la façon avec laquelle ils oublient trop souvent de prendre soin de leur patrimoine historique. Je repenserai en souriant à cette femme qui vendait son poisson sur le bord de la route, tenant deux d’entre eux dans une seule main, le bras tendu à l’horizontale, et à ces gens qui défiaient, en tongs et imperturbables, les grands courants d’eau que la pluie tropicale avait laissé sur les routes.

Je garde, en somme, plein de souvenirs d’une vie quotidienne à l’autre bout du monde, dont beaucoup ne sont présents que dans ma mémoire, à défaut d’avoir pu les prendre en photo.

C’est donc sous le soleil européen que nous avons dit au revoir au mois de mai. L’été était désormais bien là et, pour ce qui était peut-être la première fois de ma vie, je ne l’ai pas vu arriver ! Il faut dire que mon grand voyage a occupé toutes mes pensées ces derniers mois, volant par la même occasion la vedette à l’été, pourtant généralement difficile à ôter de mon esprit.

Pour lire mes What’s Up précédents :
What’s up #3 : Décembre, janvier et février
What’s up #2 : Septembre, octobre et novembre
What’s up #1 : Juin, juillet et août

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