Soyons clairs : si les villes c’est pas trop votre truc, mieux vaut ne pas commencer par São Paulo. São Paulo, c’est pour les amoureux des villes, ceux qui aiment leur bruit et leur agitation, ceux qui respirent un peu mieux quand ils sont entourés de plein de choses. Comme moi.

São Paulo n’est pas pour ceux qui ne sont pas habitués au bouillonnement des villes, ceux qui ont besoin de grands paysages vides de bâtiments pour se sentir bien.

Si c’est votre cas, je ne dis pas que vous ne devriez jamais la visiter. Je dis juste que vous devriez commencer par quelque chose de plus petit et plus ordonné avant. Vous jeter dans les rues de São Paulo sans y être préparé, ça serait comme un grand saut dans l’océan sans savoir nager ou un marathon sans entrainement. En bref : un grand moment de solitude pas très agréable.

São Paulo est grande, très grande. À elle seule, elle a plus d’habitants que la Belgique (bien qu’elle soit bien plus petite, faut pas pousser non plus) : 12 millions. C’est très simple : c’est l’une des villes les plus peuplées du continent américain, et même du monde entier. “Vous êtes 4 millions à voyager avec nous tous les jours”, nous écrit même le métro quand on y rentre. 4 millions. Plus que ma Wallonie dans un seul réseau de métro !

Mais ce n’est pas tout. São Paulo, c’est parfois un grand capharnaüm, un grand bordel, et c’est souvent pas très propre. C’est le genre de ville qui a fréquemment oublié de prendre soin de ses beaux bâtiments, oubliant de leur donner le bain du dimanche et les coinçant entre deux hauts buildings qui ne sont pas toujours réussis, voire que l’on pourrait parfois détruire et recommencer.

Suis-je en train de vous dire que je n’ai pas aimé São Paulo ?

Non, loin de là ! Mais je veux préparer le terrain, pour que vous puissiez apprécier la ville autant que moi.

Parce que São Paulo n’est pas une ville “prête-à-visiter”. Celle qu’on vous servirait sur un plateau, celle dans laquelle on vous laisserait vous balader en sachant très bien que peu importe où vous regarderez, vous n’y verrez que du beau et du photographiable. À São Paulo, il n’y a pas de centre historique tout mignon qui aurait résisté aux nouveaux buildings et à la croissance de la ville. Pas même quelques rues hors du temps.

À São Paulo, la beauté se disperse, se dissémine dans la rue, joue à cache-cache avec les touristes et les habitants (je me demande d’ailleurs si ceux-ci la voient encore). Mais, coincée entre deux bâtiments grisés par les années, oubliée parfois sous la poussière, voire entourée de tags maladroits et peu éduqués, la beauté est là. Elle est là sans superflu, elle arrive sans crier gare et ne vous fera pas signe si vous détournez votre regard. Elle reste bien présente pour ceux qui la cherchent, mais tout en finesse, comme une jolie timide qui ne chercherait pas à voler la vedette à la foule qui l’entoure.

Il y a, d’abord, des maisons coloniales ici et là qui donnent l’impression de résister encore et toujours à l’envahisseur, comme dernières survivantes d’un passé bien différent et pas toujours très gai mais dans lequel j’aimerais tant pouvoir me promener, juste pour voir. Et puis il y a de beaux bâtiments modernes, dignes des buildings newyorkais, dans les vitres desquels les palmiers se reflètent.

Et, toujours, le vert de la végétation.

Parce que si vous pensiez que São Paulo, ce n’est que des briques et du béton, je vous le dis tout de suite : vous avez tort. J’ai été la première étonnée, rassurez-vous. C’est ce à quoi je m’attendais le moins ici. Et pourtant, quelque part dans son expansion, la ville n’a pas oublié la nature.

Je ne parle pas des parcs, qui sont pourtant magnifiques, comme un grand bol d’air rempli d’arbres tropicaux. Non, je parle des rues de la ville. Dans certains quartiers plus que d’autres, mais partout quand même, les arbres se lèvent haut ou se courbent pour offrir leur ombre d’un peu plus près. Les rues sont vertes de palmiers et de feuilles en tous genres. Et le contraste avec le dynamisme de la ville est saisissant.

La végétation, c’est l’une des choses que j’ai préférées dans la ville. Ça n’a rien à voir avec les villes que je connais, où on oublie souvent l’importance des arbres, en en mettant quelques-uns par-ci par-là, mais toujours bien disciplinés. À São Paulo, c’est différent. C’est comme si parfois, la nature essayait de s’emparer de la ville. J’ai trouvé ça superbe.

Alors, si comme moi vous aimez l’ambiance des villes, et si comme moi vous arrivez à voir la beauté même quand elle se cache, vous tomberez peut-être sous son charme autant que moi.

Je vous prévois d’autres articles sur la ville. En attendant, vous pouvez suivre mon voyage au Brésil au jour le jour sur ma page Facebook, avec une photo quotidienne.

10 commentaires sur São Paulo : La beauté dans le désordre

  1. Coucou,
    Waoh, tes photos sont impressionnantes et la ville semble impressionnante en fait ! Je n’ai jamais été au Brésil mais ça me plairait bien 🙂
    Des bisous à toi !

    • Oh merci beaucoup Serena ! A vrai dire, le Brésil est remonté rapidement vers le haut de ma liste d’envies de voyages depuis que j’ai rencontré mon amoureux brésilien ahah. Et le pays est tellement grand qu’il me faudra plusieurs voyages pour voir tout ce que je veux voir ! Bisous à toi

  2. Je n’ai fait qu’une halte à l’aéroport… il m’a semblé que c’était un lieu de travail, surtout, moins de tourisme. C’est à voir, sans doute!

    • C’est effectivement une ville avec beaucoup d’entreprises, mais pas que 🙂 ! Si tu y vas pour travailler, je pense que ça vaut le coup de rester un week-end… Si tu aimes les villes, évidemment :).

  3. J’ai adoré le ton de ton article. Cette évocation sincère mais poétique, ces jolies formules (la nature qui cherche à s’emparer de la ville… l’image du marathon…), cet amour urbain, que je ne partage pas forcément, mais que j’ai adoré savourer dans tes mots. Tu écris bien, Léonor ! Merci pour ce joli moment de poésie.

    • Merci beaucoup pour ce joli et très gentil commentaire 🙂 ! Ca me touche beaucoup, d’autant plus que je prends toujours beaucoup de plaisir à lire tes articles ! Bisous

  4. J’aime beaucoup comment tu as écris ton article. Je pensais pas que c’était une ville auquel on avait besoin autant de preparation comme tu dis. C’est vrais que la vegetation c’est vraiment ce qu’il y a de plus jolie 🙂 Bisous miss

    • Merci beaucoup Melanie 🙂 ! Tout dépend évidemment de si on est habitués aux villes ou pas. Pour moi ça a été, mais j’avais quand même parfois l’impression d’être jetée au milieu d’un gros chaos ahah. Il faut dire que la ville est énorme, bien plus grande que ce à quoi on est habitués en Europe ! Bisous à toi !

  5. J’avais le projet d’aller au Brésil cette année mais comme tu dis, c’est tellement grand que je ne savais pas par où commencer. J’aurais aimé visiter Rio, pourquoi pas Sao Paulo, des villes coloniales, puis aller en bord de mer, mais bon, ce ne sera pas pour cette année puisque j’ai opté pour le Mexique. Je vais suivre tes articles avec intérêt !

    • Oh, je suis impatiente de voir tes photos du Mexique alors 🙂 !
      Oui, le Brésil est immense et regorge d’endroits à visiter, il me faudra beaucoup de visites pour tout voir ! Pour cette première visite, je dois dire qu’on a été aidés dans notre choix par la famille de mon copain (brésilien). Notre avion atterrissait à Sao Paulo et on en a profité pour rester plusieurs jours sur place car il a de la famille là-bas. Ensuite, nous avons été à Brasília car c’est là que sa grand-mère habite. Elle tenait à ce que je voie sa ville donc je n’ai pas hésité une seconde. Quant à Rio, nous allions à un mariage dans une ville à proximité et j’ai sauté sur l’occasion pour voir cette ville dont tout le monde parle ! Et puis nous avons passé les dernières semaines de notre voyage dans la ville de mon copain (et sur ce coup-là j’ai de la chance : il habite dans une ville côtière, très connue au Brésil pour ses plages !).
      La prochaine fois que j’y vais, j’aimerais aussi beaucoup visiter des villes coloniales, comme celles de l’Etat de Minas Gerais. Je suis sûre que j’adorerais parce que l’architecture coloniale est l’une des choses que j’ai préférées au Brésil (même si je me sens un peu trop “Eurocentrique” quand je dis ça !).
      Quoiqu’il en soit, le pays est tellement grand qu’il ne faut pas hésiter à voyager en avion entre deux villes. C’est généralement pas cher et c’est beaucoup plus sûr que les trajets en bus.
      Bisous !

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