Il y a des destinations dont on a vu des centaines de photos magnifiques et qui arrivent encore à nous impressionner quand on les voit en vrai. Et il y en a d’autres qui nous déçoivent un peu parce que la magie du lieu découle plus du travail de retouches du photographe que du lieu en lui-même.

Après avoir rêvé devant un tas de superbes photos de Burano, j’avais peur qu’elle fasse partie de la seconde catégorie. Parce qu’après tout, comment des maisons auraient-elles pu avoir des couleurs si éclatantes que celles qui donnent vie aux photos de cette petite île ?

Quand nous étions à Venise, il fallait que j’aille la voir de mes propres yeux pour mettre fin une fois pour toutes à ce doute.

Nous avons donc embarqué sur le bateau direction Burano lors de son arrêt à Murano, en restant calme face à la petite foule de touristes qui tentait de jouer des coudes pour être sûrs de ne pas devoir attendre le prochain bateau.

Il faut dire qu’elle était bien remplie au final, notre embarcation. Pas seulement de touristes, mais aussi de Vénitiens – quelques adultes mais beaucoup d’écoliers. L’après-midi était déjà bien entamée et la traversée signifiait pour eux le retour à la maison.

Il a fallu au bateau environ une demi-heure pour relier Murano à Burano, s’arrêtant entre-temps sur quelques îles ci et là, déchargeant presque uniquement des locaux. 30 minutes me transformant en une boule d’impatience et de curiosité, essayant par moments de rabaisser mes attentes pour ne pas être déçue, tout en me répétant que même si des photos sont parfois plus belles que la réalité, marcher dans un endroit et le vivre réellement offre certaines choses que même les plus belles photos ne pourront jamais offrir.

Tous ces sentiments se sont évaporés au moment d’arriver à Burano. Et ça a bien commencé : la petite maison qui sert vraisemblablement de resto pour touristes qui viennent s’y attabler en attendant le bateau était déjà très jolie.

Alors qu’on avançait vers les petites ruelles, j’avais en tête cette image de maisons colorées au bord d’un canal. Je ne savais pas où aller pour arriver à cette vue mais l’île est petite alors il n’y avait aucun souci à avoir, je finirais bien par tomber dessus. En attendant, j’admirais tout ce que je voyais. Pas d’eau à l’horizon mais une belle maison jaune dans une cour désertée des touristes. “Et la maison mauve, t’as vu ?”, je me retrouvais à dire en sautillant presque comme une enfant.

Il n’a fallu qu’une dizaine de minutes pour qu’on finisse par avoir l’eau à nos pieds et se trouver devant la vue que j’avais en tête. À ce moment-là, je n’en doutais plus mais j’étais contente d’avoir confirmation : les maisons à Burano n’ont pas besoin de filtre ou de saturation, leur couleur est éclatante et elles sont aussi belles que ce que je pensais.

En marchant d’un côté et de l’autre du canal, la grande amoureuse des couleurs que je suis ne savait plus où poser les yeux. Tout était si beau et coloré. Et, mieux encore, on était en fin d’après-midi, dans une heure le soleil commencerait à plier bagage, et il n’y avait presque pas de touristes. Pas de foule qui m’aurait empêchée de prendre mes photos en paix comme je m’y étais préparée.

  

Ce n’est que suite à notre visite que j’ai connu le secret des couleurs de Burano.

On dit qu’il y a plusieurs siècles, les habitants de Burano, qui était à l’époque un village de pêcheurs, avaient peint leurs façades de couleurs vives pour pouvoir les voir et les différencier plus distinctement quand la brume venait se coller à l’île, ce qui arrive souvent en hiver.

D’accord, mais ça c’était il y a plusieurs siècles. Comment est-il possible que les couleurs soient encore si vives ? La réponse est moins romancée : les habitants sont désormais tout simplement obligés de repeindre leur façade régulièrement. Sûrement histoire de conserver ce qui fait maintenant la renommée de Burano, mais on ne leur en voudra pas, hein ?

Et en parlant de renommée, derrière toutes ces couleurs, Burano est aussi connue pour un autre art qui prend bien plus de temps et de délicatesse : la dentelle. Donc après avoir acheté vos verres à Murano, venez acheter votre nappe à Burano – mais attention au prix, la vraie dentelle coûte très cher (et celle qui se vend bon marché, vous l’aurez compris, n’est sûrement pas confectionnée à la main et encore moins sur l’île).

Cette après-midi-là, presque seule face aux couleurs, c’est comme si la ville était à moi. Et à ses habitants qui n’ont pas l’air fiers ou embêtés de vivre dans une attraction touristique à ciel ouvert et de devoir supporter les touristes et leurs appareils photo.

Et pourtant, les ruelles ne sont pas bien grandes, et entre le selfie stick et le photographe qui fait un pas en arrière en regardant vers l’avant le nez en l’air, certaines bousculades doivent être difficilement évitables !

16 commentaires sur Les vraies couleurs de Burano

  1. Je suis ravie de lire un article comme ça ! Je suis allée à Venise (seulement la grande ile) l’année dernière et j’ai été déçue par ce que j’ai vu. Je m’attendais à quelque chose de vraiment magnifique, comme j’avais pu le voir dans les magazines/blogs/réseaux sociaux. Sur place j’ai trouvé la ville sale, abimée et avec beaucoup moins de charme. Même si j’ai réussi à faire de belles photos avec mon appareil, mes souvenirs visuels restent un peu amers. Du coup j’ai hâte de pouvoir retourner la-bas pour visiter Murano et Burano cette fois ci, et ton avis me conforte dans l’idée d’y aller 🙂

    • Merci beaucoup pour ton commentaire, Emilie ! Je suis contente de pouvoir te conforter dans cette idée :). J’ai découvert Venise au mois d’octobre passé et j’ai personnellement adoré. C’est vrai que la ville est parfois abîmée mais j’ai trouvé que ça lui donnait encore plus de charme héhé ! Ceci dit, je n’avais pas vu tant de photos de Venise que ça avant d’y aller. Et puis de toute façon il en faut pour tous les goûts et c’est aussi très intéressant d’entendre l’avis de quelqu’un sur qui la magie de la ville n’a pas pris ! Retourner à Venise pour visiter seulement les îles me semble être une très bonne idée, ça te permettra d’en voir plus que ce que j’ai vu en peu de temps. Et à part Murano et Burano, il y a aussi d’autres îles que je n’ai pas pu voir mais sur lesquelles j’aimerais me rendre la prochaine fois. J’espère que ton deuxième essai sera plus concluant que le premier 🙂 ! Bisous

      (Tu avais posté un commentaire assez similaire hier, que j’avais bien reçu mais pas encore approuvé, donc j’imagine que ça ne te posera pas de problème si je ne publie pas le premier :)!)

  2. Comme dans mon souvenir. Encore que, beaucoup de touristes à l’époque, impossible de prendre une photo sans plein de gens devant l’objectif. Les tiennes sont d’ailleurs très belles.

    • Je pense qu’il y a encore beaucoup de touristes aujourd’hui mais qu’en y allant en fin de journée on a réussi à éviter la foule sans le vouloir ! Merci, je suis heureuse qu’elles te plaisent :).

    • Oh oui c’est un endroit adorable ! Ca me fait très plaisir que mon post puisse te rappeler de bons moments passés là-bas :). Bisous !

  3. Les couleurs sont magiques ! Alors même si ça doit être casse-tête pour eux d’entretenir régulièrement ces façades, ça serait franchement dommage de leur laisser perdre de leurs magnifiques couleurs !

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi ! C’est tellement chouette de se promener dans des rues bordées de maisons de toutes les couleurs :).

  4. Je ne connaissais pas du tout l’anecdote sur les couleurs des maisons ! Pareil que toi, ça me fait toujours bizarre lorsque je visite un endroit où les touristes sont plus nombreux que les habitants, je me dis toujours comment font ils pour supporter de sortir de chez eux et de tomber nez à nez avec des touristes ? C’est pour ça que je me fais toute petite et toute discrète lorsque je voyage, par peur de déranger 🙂
    Disons que les extrêmes ne sont jamais bons, un peu moins de monde ne serait pas mal mais pas du tout comme c’est le cas en basse saison est souvent triste aux dire des personnes qui vivent dans des lieux hautement touristiques.

    • Je l’ai trouvée en faisant des recherches sur la ville, contente d’avoir pu t’apprendre quelque chose ! Oui c’est vrai, pour les destinations très touristiques comme Majorque, il parait qu’en basse saison c’est tellement déserté que ça en devient déprimant. Personnellement je vis près du centre-ville de Prague donc je vois des touristes presque à chaque fois que je sors de chez moi mais ça ne me dérange pas plus que ça, sauf quand je suis pressée et que je tombe vraiment au milieu de la foule ahah. Merci pour ton commentaire :).

  5. Se promener dans les rues de Murano en plein hiver, ça vend du rêve, des couleur et beaucoup de chaleur!
    Je suis allée plusieurs fois à Venise mais je n’ai toujours pas tenté la petite île de Murano (et je sais, je devrais)! Superbes photos!
    C’est vrai que ce n’est pas évident d’éviter les touristes à Venise et ses environs

    • J’y ai été à la toute fin de l’été (ok, début de l’automne plutôt !) et c’est aussi une très belle période pour y aller. Il ne fait pas trop chaud et je pense que ce n’est pas la saison d’affluence donc c’est top :). La prochaine fois que tu vas à Venise, tu dois effectivement voir les îles autour, elles valent le détour ! Merci pour ton commentaire :). Bisous !

  6. Awww… c’est magnifique et tes photos sont resplendissantes ! Ca me donne envie de me munir de mon reflex et de me balader dans ces ruelles, le long des canaux…

    • Oh merci beaucoup Cassandra 🙂 ! Quand on va à Burano, il ne faut pas oublier son appareil photo, c’est sûr ! C’est le paradis du photographe, tout comme Venise d’ailleurs :).

    • J’ai adoré aussi !Pour les amoureux des couleurs, c’est un endroit à ne pas manquer :). Bisous